Le Nigeria s’est positionné comme une figure majeure dans le domaine des cryptomonnaies, grâce à une jeunesse bien connectée et une économie caractérisée par une monnaie volatile.
Cette situation a entrainé une approche variable de la part du gouvernement qui, bien qu’il cherche à protéger sa devise, oscille entre une régulation ouverte et un contrôle rigoureux. Il est donc complexe de déterminer si nous sommes témoins d’une révolution monétaire ou simplement d’une zone peu claire sur le plan réglementaire.
Le Nigeria conserve une présence active dans l’espace crypto
Le Nigeria figure parmi les principaux utilisateurs de cryptomonnaies à l’échelle mondiale, se plaçant juste après l’Inde avec un volume de 59 milliards de dollars reçus en actifs numériques en un an, d’après Chainalysis.
Toutefois, l’atmosphère s’est récemment crispée avec l’attaque du gouvernement contre Binance, accusée de déstabiliser le naira et d’éviter de payer des milliards en impôts.
Cela dit, le gouvernement ne prévoit pas d’interdire le secteur. Cependant, les entités qui ne suivent pas les règlements encourent de sévères pénalités. Pour l’instant, le Nigeria laisse une ouverture limitée tout en maintenant un contrôle strict sur les plateformes opérant selon ses normes.
Réglementations renforcées mais persistances d’incertitudes
Depuis décembre 2024, l’autorité financière nigériane a renforcé le cadre réglementaire. Les publicités pour des services liés aux cryptomonnaies doivent obtenir une autorisation préalable, et seulement les entreprises officiellement enregistrées ont le droit de faire de la publicité via des agences de marketing. Cela marque un net ralentissement du marketing agressif dans le secteur.
En outre, en février, l’État a exprimé son désir d’imposer les transactions en cryptomonnaies pour générer des revenus supplémentaires. Néanmoins, une grande partie du marché demeure informelle, décentralisée, et complexe à tracer.
Ainsi, même avec des lois plus rigoureuses, la situation reste ambiguë pour les entreprises qui ne savent pas toujours à quoi s’attendre lorsqu’elles souhaitent opérer légalement.
Un segment du marché demeure inaccessible
Face à la volatilité du naira, de nombreux utilisateurs préfèrent sécuriser leurs fonds dans des portefeuilles froids de cryptomonnaies, éloignés des plateformes régulées. Cette pratique rend quasi impossible toute forme de traçabilité ou d’imposition.
Même avec un renforcement de la réglementation, une grande partie de l’économie des cryptomonnaies continue d’opérer en dehors du contrôle des autorités.
Équilibrer innovation et régulation
Le gouvernement nigérian ne souhaite pas fermer la porte à l’innovation, surtout dans un pays où l’économie numérique est en plein essor. Toutefois, il doit également protéger sa monnaie et sécuriser ses sources de revenus.
C’est pourquoi l’approche actuelle équivaut à un exercice d’équilibriste : permettre l’existence des cryptomonnaies mais sous un cadre réglementaire plus strict.
Cependant, l’augmentation rapide de la masse monétaire M2 et l’instabilité du naira obligent le gouvernement à agir rapidement. L’objectif est d’éviter que les cryptomonnaies deviennent un échappatoire qui pourrait affaiblir davantage la monnaie locale.
Il sera donc nécessaire de mettre en place une régulation flexible mais efficace, faute de quoi l’écosystème continuera son expansion, simplement hors du champ de vision officiel.
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